Vallauris (en occitan provençal: Valàuria selon la norme classique ou Valàurio selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Vallauriens. Une appellation non officielle fait mention de la station balnéaire qui lui donne un accès à la mer : Vallauris-Golfe-Juan.
Le site historique de Vallauris se situe sur une colline à l'intérieur des terres, à proximité d'Antibes. Plus récemment, la ville s'est étendue jusqu'au littoral (Golfe Juan).
Le territoire de Vallauris est habité depuis des temps anciens. Les traces d'occupation reconnues les plus vielles remontent à la fin de l'âge du Fer mais les plus nombreuses appartiennent à la période romaine.
Dans les années 1970, le curage d'un aven situé dans le quartier Saint-Bernard a permis la mise au jour de bracelets de bronze, d'armes en fer volontairement tordues associés à des ossements humains. Les conditions de la découverte ne permettent pas de déterminer s'il s'agit d'un dépôt ou d'une forme de sépulture, toutefois, les objets sont de style indigène de la fin de l'âge du Fer et ont subi un traitement est de type celte. On peut faire remonter ce dépôt au IIIe ou au IIe s. av. J.-C.
Le site du Pezou est un habitat de hauteur abrité derrière une enceinte. Les fouilles conduites dans les années 60 ont livré un grand nombre de céramiques de l'âge du fer. Les plus anciennes remontent au Ve s. av. J.-C. Il s'agit d'un établissement indigène entretenant des contacts avec les phocéens de Marseille comme le montre la présence de quelques céramiques grecques antiques puis campaniennes. Il ne semble plus occupé au-delà du milieu du Ier s. av. J.-C.
Occupé durant les IIe et Ier siècles avant Jésus-Christ, l'oppidum des Encourdoules se transforme en village agricole et déborde le rempart initial à l'époque augustéenne. De récentes découvertes archéologiques ont montré que le site des Encourdoules était devenu le centre d'un pagus du nom de Cantabe. L'entrée du village a été monumentalisée par la construction d'une porte dont la clé de voute porte une dédicace au patron du pagus.
Toutes traces d'occupation semblent disparaitre au-delà du IIIe siècle sans que l'on note d'indice de destruction violente. L'abandon est certainement lié à un redéploiment des activités économiques dans la région. Le village qui abritait de nombreux bassins de pressage destiné à la fabrication du vin ou de l'huile est « abandonné » vers la fin du IIe siècle, au moment où sont fondées de grandes exploitations viticoles ou oléicoles dans la région, comme Le candéou à Peymeinade, au carrefour des Chappes à Biot.
Au pied de la colline des se dressait un mausolée d'époque romaine appartenant probablement à une famille de notables en partie propriétaire du village (patrons du pagus?). Le monumemt a été démonté dans les années 1980 et transporté dans les jardins du musée d'Archéologie d'Antibes.
Le tronçon de voie romaine reliant l'Italie à Fréjus a vraisemblablement été ouvert sous le règne d'Auguste. Il suivait à peu près le même tracé que l'actuelle route Nationale 7 entre le fleuve Var et Fréjus. Un indice de sa traversée de la commune de Vallauris réside dans la découverte au XIX e s. d'une borne milliaire portant une inscription datant du début du Ier s. ap. J.-C. au quartier de la Pertuades. Celle-ci est conservée au Château-Musée Magneli à Vallauris.
La cité antique d'Antipolis (Antibes) était alimentée en eau par l'intermédiaire de deux aqueducs l'époque romaine, l'aqueduc de Font-Vielle qui longeait le littoral dans la direction de Biot et l'aqueduc dit de la Bouillide dans la direction de Valbonne. Le second traverse en partie la commune de Vallauris comme l'ont montré les études récentes. Le vestige le plus spectaculaire de cet aqueduc sur le territoire de Vallauris est le pont du Goa. Il s'agit d'un pont aqueduc dont il reste quatre piles et trois arches encore en élévation dans la forêt de la Valmasque.
Vallis Aurea apparaît dans les textes au Xe siècle comme partie de l’Episcopat d’Antibes, avant de passer au XIe siècle sous la domination des Abbés de Lérins, par une succession de donations, dont la plus importante est celle du 9 décembre 1038. Mais épidémies du XVe et bandes de pillards déciment la population dispersée.
Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !Le 20 avril 1501, Dom Raynier Lascaris, prieur de Lérins et seigneur de Vallauris, donne en emphytéose perpétuelle l’ensemble du territoire à des familles originaires de son Comté de Vintimille, ainsi qu’à « d’autres hommes voulant habiter audit lieu de Vallauris ». Il impose un plan pour la reconstruction du village. C’est l’origine du « castrum » appelé aujourd’hui « vieille ville ». Dans cet acte d’habitation, il est déjà fait mention de la poterie de Vallauris, ainsi que de la verrerie : «…le dit Seigneur Prieur… s’est réservé la lesde ou gabelle… de tous les vases de terre et de verre… qui seront mis en vente au dit terroir de Vallauris ».
Au fil des ans, une vie municipale s’organise et évolue, jusqu’en 1787 date de la sécularisation du Monastère de Lérins. Quelques exemples de l’évolution de la démographie : en 1540, il y avait 98 maisons ; en 1608, 200 maisons ; en 1698, 300 maisons habitées pour 367 chefs de famille ; en 1765, 293 maisons habitées et 1309 habitants.
Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Vallauris, dans le Golfe-Juan, à son retour de l’Île d'Elbe.
C’est surtout à la fin du XIXe siècle, que des travaux d’urbanisme importants ont été effectués. C’est le passage du mode de vie du Moyen Âge aux temps modernes : l’installation du tramway en 1899, la construction de l’école de garçons la même année, et de l’école de filles en 1908. L'électricité arrive en 1919. Le Monument aux Morts date de 1923, et est dû au ciseau de Delfoly.
L’arrivée de l’eau du Canal de la Siagne, vers 1900, a permis le développement de l’agriculture, et en particulier de la culture de l’oranger à fleur, le bigaradier. Aujourd’hui, Vallauris est la seule ville de France où cet arbre est encore cultivé pour récolter sa fleur et la distiller.
La poterie culinaire industrielle a toujours été au cours des siècles, avec le travail de la terre, la principale activité de la ville. Mais, au début du XXe siècle, elle devient poterie artistique et céramique, avec la famille Massier. La Biennale internationale de la céramique continue de faire de la cité « La ville française de la céramique ».
L’expansion du hameau de Golfe-Juan est liée à l'apparition du tourisme, et surtout à l’arrivée du chemin de fer, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Des personnalités illustres se firent construire des villas à flanc de colline.
Après la Seconde Guerre mondiale, il y eut une période très faste où des artistes réputés, attirés par le renom de Vallauris, vinrent s’y installer, dont Pablo Picasso. Picasso fit don à la ville de l’Homme au mouton en 1950, et en 1955, de la fresque la Guerre et la Paix installée dans une salle du château devenu Musée national.
Vallauris est avant tout dominée par le tertiaire. C'est un centre touristique, qu'il soit balnéaire ou culturel (production de céramiques). L'activité economique est également stimulée par les activités du technopôle de Sophia Antipolis, en partie implanté sur le territoire communal, et regroupant de multiples entreprises et ateliers de recherche.
En 2010, la commune de Vallauris a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ ».
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
Cécile THOUEILLE, Vallauris, cité des potiers, Alandis Editions, 2004.
Jean-Claude Martin, "Marques et signatures de la céramiques d'art de la Côte d'Azur", Sudarènes éditions, 2009, 250 pages
43° 34′ 50″ N 7° 03′ 14″ E / 43.58055, 7.053888
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