Wittenheim est une commune de la banlieue de Mulhouse. C'est une ancienne commune minière du Bassin Potassique d'Alsace qui fait partie du département du Haut-Rhin et de la région Alsace. Elle accueille le plus haut chevalement minier d'Europe: le chevalement Théodore, haut de 64 mètres.
La commune est désormais principalement tournée vers les activités commerciales est possède une des plus vastes zones de commerce du Haut-Rhin, le Pôle 430 dans la continuité du Kaligone de Kingersheim. La superficie de la commune est presque identique à celle de Mulhouse intra-muros mais elle est nettement moins peuplée. Près de la moitié de la superficie de la commune est occupée par la Forêt du Nonnenbruch. La commune est membre de Mulhouse Alsace Agglomération.
La commune de Wittenheim est incluse dans l'unité urbaine de Mulhouse, située à 8km de Mulhouse intra-muros.
Le site est occupé depuis le Néolithique comme l'attestent les découvertes archéologiques faites au début du XXe siècle.
En creusant les fondations de la villa de l'entrepreneur Columbina, au lieu-dit Horoederenhubel, un squelette accroupi ainsi que de la poterie rubanée datant du Néolithique ancien furent découvert en 1930.
En 1968, la présence d'un peuplement datant de l'âge du bronze final sera découverte au lieu-dit Lerchbuhl. La présence romaine est également avérée sur le ban de Wittenheim : les fondations d'une importante villa romaine seront découvertes fortuitement lors de la construction d'un lotissement en 1978. Une partie de ces fondations a été sauvegardée et a été déplacée sur la place de Thiers.
Un village est mentionné pour la première fois en l'an 829 sous l'appellation de Witanheim, époque à laquelle l'abbaye de Murbach y possédait des terres. D'après le spécialiste Michel Paul Urban, le toponyme Wittenheim serait à traduire par "l'habitation sur la butte" et se rapporterait à la situation du village implanté sur une butte en bordure des bois marécageux du Nonnenbruch.
Ancien fief autrichien, le château de Wittenheim, résidence des nobles de Wittenheim puis des Von Hus von Wittenheim, a été détruit en 1632 par les Suédois lors de la guerre de Trente Ans. La motte féodale, le Rebberg, reste visible à l'est de la commune. Wittenheim sera également le siège d'un très important couvent de moniales, le couvent de Schoenensteinbach. Démantelé lors de la Révolution française, ses fondations sont à nouveau visibles grâce à des fouilles récentes.
A vocation agricole, Wittenheim, village allemand de 1871 à 1918, se développe dans la seconde moitié du XIXe siècle avec l'arrivée de l'industrie textile. La société textile Kullman & Cie s'implante en effet dans la commune en débutant la construction d'une filature en 1885. Cette dernière ouvre ses portes en 1888. La même année est inaugurée la ligne de tramway Mulhouse-Wittenheim. De par l'afflux de travailleurs, la commune connait alors un véritable boum démographique. La construction de la Cité ouvrière Kullmann (1890-1900) est à l'origine d'un gain de population de 63%
La première banque de la commune est créée en 1887 sur le modèle mutualiste fondé par l'allemand Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888). Cinq Wittenheimois (Messieurs Fortuné Baumgartner, Joseph Erimund, Antoine Schlienger, Émile Stebler et Damien Weisbeck) créent, le 4 décembre, la Caisse de Dépôts et de Prêts de Wittenheim afin de venir en aide aux agriculteurs de la commune. Cette banque existe toujours, il s'agit de la Caisse du Crédit Mutuel.
Le 3 février 1889, sous l'impulsion des autorités allemandes, qui poussent à la création de corps de sapeurs-pompiers volontaires, le maire Sébastien Baumgartner, le trésorier Neyer et messieurs Schlienger et Helfer, paraphent les statuts fondant le corps de sapeurs-pompiers de Wittenheim.
En 1904, Amélie Zurcher découvre de la potasse à Wittelsheim, qui était alors un village voisin. Ce sera le début d'une industrie florissante qui marquera durablement la vie et la physionomie de ce qui deviendra le bassin potassique, unique gisement de sel de potasse (ou sylvinite, de formule KCl) français. A Wittenheim, plusieurs sites miniers, chacun possédant sa cité ouvrière ("Kolonie"), sont exploités:
L'exploitation de la potasse marquera le paysage (Chevalements, terrils) mais fera surtout de Wittenheim une commune prospère. Une population laborieuse, venue des environs, mais aussi d'Allemagne et surtout de Pologne, contribuera à la naissance d'une riche vie culturelle et associative. Le progrès fit également sont arrivée : 1920, inauguration du foyer catholique, 1922, mis en chantier d'un vaste réseau de distribution d'eau, 1928, mis en chantier du tout-à-l’égout, construction de l'école des filles, du poste à incendie, des bains municipaux, 1929, électrification de la ligne de tramway.
Les deux conflits mondiaux n'épargneront pas Wittenheim.
La Seconde Guerre mondiale apportera son lot de souffrances et de destructions notamment lors de la tragique libération de la commune par les troupes françaises en janvier 1945. Wittenheim-centre sera pratiquement détruite par un déluge de feu. Le 2 février 1945, les derniers obus incendiaires allemands mettent le feu à l'église de style baroque Sainte Marie. Le clocher s'effondre le 4 février 1945 à 9h30. Wittenheim-centre, libéré, n'est plus qu'un amas de décombres inhabitables. Une partie ne sera d'ailleurs pas reconstruit et deviendra l'actuelle place de Thiers. Les installations industrielles sont hors d'usage. Cette période très douloureuse de l'histoire de la commune lui vaudra de se voir attribuer en 1948 la croix de Guerre avec Étoile d’Argent. C'est le Maréchal de Lattre de Tassigny qui remet la décoration à la délégation wittenheimoise à Colmar le 14 juillet 1949.
À la libération une ère de développement nouvelle débute pour la commune. Après la mise en place d'un village provisoire en baraquement où sont logées près de 150 familles et la construction d'une église provisoire, la municipalité et la population se lance dans un long travail de reconstruction. Wittenheim à la chance de bénéficier du soutien matériel et financier de ses villes marraines : Fontenay-sous-Bois, Saint-Cloud et Thiers. Près de quinze années seront nécessaires pour effacer les plaies laissées par la guerre. La reconstruction d'après-guerre change totalement sa physionomie qui perd définitivement son caractère rural pour devenir une coquette commune urbaine. Le 2 mai 1957, pour des raisons financières, la ligne 11 du tramway électrique reliant Wittenheim à Mulhouse, qui avait repris du service dès le 3 décembre 1945, est officiellement remplacée par une ligne de bus. Le 19 mai 1957 est posée la première pierre de la nouvelle église Sainte-Marie de Wittenheim-centre. Les 27 et 28 juin 1959, lors des "Fêtes du renouveau", le nouveau Wittenheim-centre est officiellement inauguré : Place de Thiers, rues de Saint-Cloud et de Fontenay-sous-Bois, bureau de poste, commissariat de police, commerces. L'église Sainte-Marie est consacrée le 28 juin.
Par décret du 26 février 1958, Wittenheim devient Chef-lieu de canton.
En 1965, Wittenheim intègre le Syndicat intercommunal à vocation multiple du Bassin Potassique nouvellement créé.
En 1995, Wittenheim et onze communes minières du Bassin Potassique se regroupent au sein de la Communauté de Communes du Bassin Potassique (CCBP). Le but premier de cette communauté est de favoriser la reconversion économique du bassin minier suite à l'arrêt définitif de l'extraction de la potasse. Le siège de cette nouvelle entité politique s'établit à Wittenheim dans les locaux de la ferme réhabilitée du hameau de Schoenensteinbach (Maison du Bassin Potassique).
Le 1er janvier 2004, après dissolution de la CCBP, Wittenheim intègre la Communauté d'Agglomération Mulhouse Sud-Alsace (CAMSA) et en 2010, Mulhouse Alsace Agglomération
Résultats du recensement de 1999:
Population provisoire pour 2007 : 14 600
Wittenheim a deux collèges publics d'enseignement secondaire, le collège Irène Joliot-Curie et le collège Marcel Pagnol.
Premier puits minier ouvert à Wittenheim (1911), Théodore fit entrer la commune dans l’ère industrielle. De 1912 à 1986, plus de 68 millions de tonnes de minerai furent extraites de ce puits. La mine Théodore ferma définitivement en 1986. Le chevalement de 65 m de haut, installé sur le site en 1958, fut longtemps le plus haut du continent. Il est le symbole de la renaissance de Wittenheim après-guerre, de l’une des plus belles pages de l’histoire de la commune. Grâce au combat mené par l’Association pour la Sauvegarde du Chevalement Théodore, suivi par la population, le chevalement est classé monument historique depuis le 17 août 1995. Chevalement de Théodore
Troisième massif forestier d’Alsace de par sa superficie, la forêt du Nonnenbruch est répartie sur les bans de plusieurs communes du bassin potassique. À l’origine c’était un vaste bois marécageux où poussaient des essences diverses mais surtout du « bois cassant » (Bruch), du hêtre, du bouleau, des aulnes, où les cochons (nonnen) se gavaient de glands. Propriété dans sa majeure partie des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace, elle fut défrichée sur près de 700 hectares pour permettre l’installation des sites miniers et de leurs cités ouvrières. Les sentiers forestiers qui la parcourent servaient de longue date de trait d’union entre les populations, les mineurs les utilisaient pour se rendre au travail. Afin de protéger ce véritable poumon vert de l'agglomération, la municipalité de Wittenheim, sous la houlette du Maire, Monsieur Antoine Homé, a fait l’acquisition en 2005 de 234 hectares de cette forêt classée en forêt de protection. Le Club Vosgien y a balisé 55 km de sentiers (1999) qui portent le nom de Kalipfad (« Sentier de la potasse » en alsacien)
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